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La Rationalité émotionnelle

La rationalité émotionnelle est un axe de réflexion et de pratique visant à prendre conscience des interactions constantes entre émotions, cognitions et comportements (effet CCECC : causalité corrélative émotiono-cognitivo-comportementale), ainsi que de l’action de contrainte permanente des facteurs psychiques, cognitifs, émotionnels, affectifs, sensoriels et hormonaux sur notre mode de fonctionnement (phénomène CPC : conditionnement psychobiologique continu).

Cette prise de conscience permet d’observer, d’analyser et d’orienter consciemment ces processus, afin de transformer des conséquences automatiques en décisions réfléchies, cohérentes et adaptées à ses objectifs ou à ses valeurs.

En d'autres termes, nos émotions, nos pensées et nos comportements s’influencent en permanence, et nous n’avons jamais un libre arbitre total. La rationalité émotionnelle permet d’observer cette dynamique et de l’utiliser volontairement, pour mieux orienter nos choix.

Positionnement de la Rationalité Émotionnelle

La rationalité émotionnelle est définie comme un outil conscient de lucidité fonctionnelle, permettant d’observer, de comprendre et d’influencer, de manière relative et située, la dynamique CCECC (causalité corrélative émotiono-cognitivo-comportementale), laquelle décrit l’enchaînement permanent et interdépendant des émotions, des processus cognitifs et des comportements.

Cette dynamique s’inscrit intégralement dans le cadre du phénomène de conditionnement psychobiologique continu (CPC), qui renvoie à l’influence constante et inévitable des facteurs psychiques, cognitifs, émotionnels, affectifs, sensoriels et hormonaux sur le fonctionnement de l’être vivant. Dans cette perspective, l’individu ne dispose pas d’un libre arbitre au sens strict, son fonctionnement étant en permanence traversé par des pulsions, des états affectifs et des déterminants biologiques et psychiques.

La rationalité émotionnelle ne vise donc ni la suppression du conditionnement, ni une maîtrise totale des processus internes. Elle constitue plutôt un axe de prise de conscience et un fil conducteur réflexif, permettant de rendre partiellement visibles les enchaînements CCECC tels qu’ils se produisent sous l’effet du CPC, et d’introduire une capacité d’orientation limitée, non libre mais intentionnelle, au sein de ces dynamiques.

Son objectif est ainsi de transformer, dans la mesure du possible, certaines conséquences automatiques issues de la dynamique CCECC, elles-mêmes contraintes par le CPC, en réponses plus réfléchies, plus cohérentes et davantage alignées avec les objectifs et les systèmes de valeurs de l’individu, sans jamais postuler une autonomie absolue du sujet.

Origines de la RE

 

Dès les années 1960, Albert Ellis et Aaron T. Beck ont introduit, à travers leurs travaux respectifs en thérapies cognitives et comportementales, une compréhension nouvelle des liens entre pensée, émotion et comportement.

 

Ellis, avec sa Thérapie Rationnelle Émotive Comportementale (TREC), a mis en évidence l’impact des croyances irrationnelles sur les émotions et les comportements, à travers un modèle structuré autour du triptyque A (événement déclencheur) – B (croyance) – C (conséquence émotionnelle et comportementale). Pour lui, ce ne sont pas les événements en soi qui causent notre souffrance, mais les croyances que nous formons à leur sujet, souvent rigides, absolutistes ou irréalistes.

 

De son côté, Beck a fondé la thérapie cognitive, initialement pour traiter la dépression. Il a démontré que nos pensées automatiques, souvent rapides, négatives et inconscientes, influencent nos émotions et nos comportements au quotidien. Son modèle a permis d’identifier des schémas cognitifs dysfonctionnels (comme la surgénéralisation, la pensée dichotomique ou la personnalisation) qui façonnent notre vision du monde.

Bien que leurs approches aient largement contribué à faire évoluer la compréhension des processus psychiques, ni l’un ni l’autre n’a formalisé de manière explicite une boucle interactive directe entre émotion, cognition et comportement, ni situé ces interactions dans le cadre d’un conditionnement psychobiologique continu. Ils ont plutôt mis en avant un modèle où la cognition joue un rôle médiateur central.

Cette interaction émotiono-cognitivo-comportementale s’exerce toutefois au sein d’un cadre plus large de contraintes permanentes, que j’ai conceptualisé sous le terme de conditionnement psychobiologique continu (CPC). Ce phénomène désigne l’influence constante et inévitable des facteurs biologiques, hormonaux, sensoriels, affectifs, émotionnels, cognitifs et psychiques sur le fonctionnement de l’individu. En ce sens, l’être humain ne dispose pas d’un libre arbitre absolu : ses pensées, ses émotions et ses comportements émergent en permanence sous l’effet de ces déterminants, qui orientent ses réactions bien avant toute prise de conscience réflexive.

Indépendamment de ces travaux historiques, j’ai élaboré, au cours de mes propres recherches appliquées, un axe de réflexion et de pratique s’articulant précisément autour de cette interaction émotiono-cognitivo-comportementale, envisagée comme un processus permanent, inscrit dans un conditionnement psychobiologique continu influençant en permanence les états internes et les réponses comportementales de l’individu.

Cette méthode a conduit à la formalisation d’un procédé que j’ai nommé Rationalité Émotionnelle : un modèle de régulation fondé sur l’observation et l’orientation relative des interactions mutuelles entre les états émotionnels, les processus cognitifs et les réponses comportementales. Ce modèle met en évidence que l’émotion, la pensée et le comportement s’influencent réciproquement dans une dynamique de rétroaction continue, sous contrainte du conditionnement psychobiologique : toute modification de l’un entraîne une modification des autres, sans jamais s’extraire totalement du conditionnement.

Ainsi, ce phénomène peut être mobilisé comme un processus intentionnel mais non libre, dans lequel l’induction volontaire de certains états émotionnels ou comportements permet d’influencer, de manière située, les perceptions, les ressentis et les réactions, sans supposer une maîtrise absolue des déterminants internes.

En 2019, afin de désigner plus précisément le mécanisme à l’œuvre, j’ai introduit le terme de causalité corrélative émotiono-cognitivo-comportementale (CCECC), aucune terminologie systémique ne permettant jusqu’alors de nommer explicitement cette dynamique spécifique.

Dans une volonté de structuration professionnelle de cette approche, j’ai par ailleurs protégé juridiquement l’appellation de Rationaliste Émotionnel, afin d’identifier une pratique thérapeutique spécifique fondée sur ce cadre théorique.

La découverte ultérieure des travaux d’Ellis et Beck a constitué une double révélation : d’une part, la confirmation que mes observations se superposent aux modèles eistants ; d’autre part, une certaine désillusion face au faible degré de reconnaissance institutionnelle que ces approches continuent de recevoir, malgré leur validité démontrée depuis plusieurs décennies.

Actuellement, je poursuis le développement et la diffusion du modèle de Rationalité Émotionnelle à travers un dispositif d’accompagnement individuel, de séminaires, ainsi que de conférences, avec pour moteur, l’espoir que ce cadre devienne un levier d’évolution et de lucidité largement partagé.

"La Rationalité émotionnelle est l'art subtil de naviguer dans les eaux agitées ​de nos sentiments tout en restant fidèle à la boussole de la raison."

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Jérémie Burnand – Déclencheur d’élan 


Initiateur de la Rationalité Emotionnelle
Intervenant en développement personnel et gestion financière

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